Les Alephs

D'un sommeil à l'autre, du sommeil de Naïma, nue dans une chambre avec Vladimir, au sommeil de Naïma, étendue sur une plage quelque part au bout du monde, cet étrange roman déroule l'aventure de deux êtres - deux amants, dirait-on, si le mot ne paraissait trop usé pour définir cette quête, cette rage qui les tourmente.

Ils viennent de loin, d'un passé qui ne nous est pas dit, mais que nous devinons obsédant, d'où émergent encore, de temps à autre, quelques fantômes, tel cet homme aux yeux de sang. Mais ils vont plus loin encore, au-delà des dernières villes, au-delà des dernières campagnes, jusqu'à un désert jamais vu, plein de " coulées géantes, graves, avec des gorges volontiers funèbres, au sein de massifs écrasés, comme les débris d'un autre soleil ".

Ils ont connu l'amour absolu et poursuivi l'antique rêve de possession, " ce vieux mythe qui tombe en ruines frissonnantes ". Mais Les Alephs, c'est bien autre chose, c'est bien plus qu'un roman d'amour : le récit d'un rêve au bout du temps et de la nuit, le voyage mystérieux de l'imagination onirique au coeur des puissances chtoniennes : le sang, l'érotisme, la mort.

Dès son premier roman, il faut compter Yves Buin dans la lignée des visionnaires modernes, Julien Gracq, André Pieyre de Mandiargues.

Feel Good

P’têt que Sandeman, il savait plus y faire, qu’il était trop négligent sur les horaires, les obligations, les disponibilités. Ptêt aussi qu’il avait un coup de pompe et qu’il pouvait plus tirer la charrette, et bien qu’il s’en était  jamais trop raconté sur les amours, il avait calé avant le dernier tour du dix mille, série vétérans et Isa l’avait plaqué pour un as de la muscu à la gomme qui avait un parcours pub triomphal. P’têt qu’il aurait dû y faire plus attention à l’amour, Sandeman, et qu’Isa attendait qu’il fût dans le récitatif galant et conventionnel. Mais, lui, il menait sa barque presque n’importe comment dans les coulisses où t’as les remous de la politique, avec une bande d’hétéroclites qu’avaient connu le romantisme des grandes époques quand c’était pas tout mou comme maintenant, des que la gloire avait dédaignés, des invisibles, toujours dans la perspective grandiose toutefois et qui œuvraient aux limites du coup-bas dans des combats douteux. Ils se parfumaient à l’idéologie les amis et à l’indignation...

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Mai hors saison

Mai hors saison
Feel Good

Lettres à

Lettres à Sandeman

Ruby Sandeman personnage énigmatique,  est un marginal libertaire, peut-être militant, évoluant dans un monde métissé qui l’entraîne dans des aventures romantico-policère très actuelle. 

 
 

Mai hors saison

Mai hors saison

Sandeman, Ruby, avec son nom d’homme des sables, je le connais depuis toujours. Je l’ai connu, devrais-je dire, puisqu’il a disparu et s’est évaporé à la suite d’une de ces belles et énigmatiques  histoires d’amour dont il avait le secret. J’hésite à évoquer la possibilité de sa mort. On supposait qu’il écrivait. Tout au moins, moi je le savais. Dans la pièce lugubre qu’il occupa en dernier, Boulevard Mac Donald, j’ai retrouvé ses papiers. Plus exactement, la police croyant que j’étais l’un de ses proches me les a confiés après qu’elle les eut sans doute tournés et retournés dans ses sales pattes les estimant classés ou dépourvus d’intérêt. Avant lecture, on imaginait un journal discontinu, une série de notes, des fragments disparates éclatés, de l’envolée poétique. C’est effectivement ce qu’on a constaté dans la liasse des feuillets. On ignorait pourtant que l’insaisissable Sandeman pût être adepte fervent de la langue classique. C’est ce qui ressort de ce morceau écrit en continuité qui livre quelques épisodes de la vie du militant anarcho-révolutionnaire Richard Massenga, la seule séquence de ces pages éventuellement publiable et que je ne saurais dater.

Y.B

 

Lettres à

Lettres à Sandeman

L’auteur de ces lettres destinées à Ruby Sandeman lors d’une longue éclipse de ce dernier n’a pas été identifié. Sans doute s’agit-il d’un comparse de Sandeman, à la proximité épisodique, gravitant dans le groupe hétéroclite d’individus marginaux qui l’ont entouré.

D’évidence, alerté par le moralisme et le prêt-à-penser de la bienpensance et du politiquement correct de son temps, l’auteur s’adresse à Sandeman sans la garantie que celui-ci recevra ses lettres. Elles ont été écrites probablement plus de dix ans après l’affaire Casa Negra et postérieurement à Mai hors saison (encore inédit) qui relate une séquence des vies parallèles de Sandeman et de l’anarcho-révolutionnaire Richard Massenga.

Les lettres sont-elles parvenues à destination ? Certaines ont-elles été égarées ? On ne saurait l’affirmer compte-tenu que Bertό, qui à sa manière veille sur Sandeman, les a remises à cet autre nommé : « le scribouillard », le chroniqueur des tribulations de la bande informelle qu’a fréquentée Sandeman.

Extrait

 

© 2018 Yves Buin

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